Innovation participative : les 2 grands types

31 mai 2011 par Mathieu Dupas Laisser une réponse »

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Co-innovation avec ses salariés, Co-innovation avec ses fournisseurs, co-innovation avec ses clients… L’innovation participative (ou ‘collaborative’) touche plusieurs cibles. Elle peut aussi revêtir plusieurs formes, ce qui a pour conséquences de mélanger les esprits.

On me demande ainsi fréquemment des explications sur les différentes démarches afin de savoir si elles font partie de l’innovation participative.

La réalité est heureusement assez simple, puisque ces démarches peuvent se classer en 2 catégories, quelque soit la cible qu’elles visent.

On distingue ainsi :

  • Un mode participatif restreint : il s’agit de faire remonter les idées de plusieurs individus vers un comité ou une direction de façon discrète voire secrète. Les idées ne sont ainsi pas visibles des autres participants et il faut disposer de droits spécifiques pour y accéder, du moins dans la phase de soumission des idées. Une fois sélectionnées pour la mise en œuvre, elles peuvent devenir visibles de tous.
  • Un mode participatif collectif : Les idées remontées sont visibles de tous, même en phase de soumission. Il s’agit d’un mode très transparent, proposant dans la plupart des cas de discuter des idées soumises et également de voter pour celles qui semblent les plus intéressantes.

Chacun de ces modes présente des avantages et des inconvénients spécifiques que le tableau ci-dessous synthétise :

Mode d'Innovation participative

De façon générale, le mode restreint est le plus facile à mettre en œuvre mais aussi le moins riche.

Il fut popularisé par les boîtes à idées physiques dans lesquelles on pouvait déposer des idées (Michelin l’employait dès 1927). Ces démarches sont désormais souvent remplacées par des outils informatiques afin de simplifier et accélérer les processus.

Le potentiel créatif des collaborateurs ou clients est restreint et ceux-ci ne peuvent pas échanger entre eux. En contre-partie, ce mode est celui qui laisse le plus de contrôle à une direction.

Le plus gros inconvénient réside dans les ressources nécessaires au traitement des idées. Les entreprises peuvent ainsi se retrouver débordées par des milliers d’idées et ne sont pas dimensionnées pour y répondre. Le mode collectif va utiliser quant à lui les participants pour voter et commenter les idées, ce qui va permettre de voir émerger les contributions les plus populaires. Libre à la direction ensuite d’aller ou non dans le sens proposé.

Au niveau des inconvénients remontés dans le mode collectif, la peur de perdre le contrôle, notamment au niveau des discussions, revient parfois. Il s’agit pourtant d’une vue de l’esprit puisque les échanges sollicités par la direction restent également encadrés par cette dernière.

Une des bonnes pratiques passe ainsi par l’emploi d’une charte d’utilisation, qui doit être acceptée par tous les utilisateurs participants à la démarche. Le but est de rappeler simplement les règles du jeu, à l’instar d’un brainstorming pouvant être effectué en salle de réunion.

D’autre part, les échanges ne sont pas anonymes et chaque acteur est ainsi responsabilisé. Ceci permet de mettre en avant les individus les plus actifs et finalement de prolonger les discussions physiques vers des espaces d’échange informatiques.

Quel type de démarche choisir ?

Dans le cas où l’entreprise cherche des solutions techniques à ses problématiques en dehors de ses murs, le mode restreint est souvent conseillé. Il s’agit en effet à la fois de protéger la propriété intellectuelle des idées apportées tout en gardant la primeur des informations. C’est le cas de plateforme de type Connect&Developp de Procter&Gamble au travers de laquelle des inventeurs ou entreprises peuvent soumettre des solutions à Procter (autres exemples ici).

Dans la majorité des autres cas, les idées n’ont pas de caractères secrets et concernent plus des idées d’amélioration de processus, ou des idées générales ne pouvant pas être brevetées directement par leur lecture. C’est le cas par exemple de démarches comme My StarbucksIdea de Starbucks, qui permet aux client et collaborateurs de Starbucks de proposer leurs idées pour améliorer les produits ou service proposés.

De façon générale, le type de démarche devra donc être adapté à l’entreprise, ses spécificités et sa culture à l’instant t.

En cas de doute, n’hésitez pas à nous contacter pour être conseillé sur le type de démarche le plus pertinent à votre entreprise.

Nous pourrons également vous proposer nos outils spécifiques permettant de mettre en place et faire vivre durablement une telle démarche.

Plus d’infos:contact-orange

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7 commentaires

  1. Rémi Maniak dit :

    merci pour ce billet. pour ceux que la co-innovation avec les fournisseurs intéresse, ma thèse à l’X portait sur ce sujet, dans le cas de l’automobile.

    http://pastel.archives-ouvertes.fr/pastel-00006169/en/

  2. Mathieu Dupas dit :

    Merci Rémi pour le lien vers votre thèse que je ne manquerai pas de lire

  3. Arroj dit :

    Bonjour,

    Contrairement à d’autres qui ne réagissent même pas aux demandes directes, je vous remercie aussi d’avoir mis à disposition votre thèse.

    Bien à vous

  4. Audrey Jammes dit :

    Bonjour,

    J’ai travaillé sur le projet Adm’Innov dont vous parlez dans un autre de vos billets et nous avons également travaillé à distinguer les différents types d’innovations participatives (voir mon blog). Votre dichotomie est intéressante. Merci pour l’article.

  5. Marine dit :

    Dans le cadre de mon mémoire de recherche, je m’intéresse à la culture d’entreprise et à l’innovation participative. Cela m’aiderait beaucoup si vous preniez quelques minutes pour répondre à ce questionnaire. Merci beaucoup !

    Je vous ai invité à remplir le formulaire Questionnaire sur l’innovation collaborative. Pour le remplir, allez à :
    https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dEJVZGp3VkRpR3g4bHpFeFFjUVJvVGc6MQ

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