10 Leçons pour développer une bonne démarche d’Open Innovation

28 août 2009 par Mathieu Dupas Laisser une réponse »

collaboration

Fort de son expérience dans le domaine, Chris Thoen, directeur de la R&D chez Procter & Gamble, nous donne les 10 éléments clés qui lui semblent nécessaires pour le bon fonctionnement d’une démarche d’Open Innovation (« Innovation Partagée » ou « Innovation Ouverte ») .

Les voici :

1. Des personnes qui sont capables de manager les relations avec les clients et partenaires : ces personnes doivent être flexibles, avec de bonnes compétences en communication et émotionnellement intelligents, en plus de l’intelligence classique.

2. La capacité à accepter l’idée que les meilleurs ne travaillent pas tous dans son entreprise ou son service ainsi que la volonté de s’ouvrir et travailler avec les meilleurs dans ET hors de l’entreprise.

3. La volonté d’aider ses collaborateurs à savoir transformer une idée ou une technologie en un business profitable.

4. Comprendre que les échecs représentent une opportunité d’apprendre et avoir la capacité à récompenser les efforts faits et les leçons apprises. L’échec est une réalité dans la vie des entreprises qui essayent d’innover. La réaction du leader de l’organisation a un impact énorme sur la culture de l’entreprise et sur les projets futurs.

5. Se débarrasser de la culture du « Pas inventé ici » (Not Invented Here): Si nous utilisons le plus intelligemment possible les idées internes et externes, nous gagnerons. Nous n’avons pas besoin de tout nous approprier et contrôler. Nous devons être capables d’utiliser les innovations d’autres entreprises et devons acheter la propriété intellectuelle à chaque fois que cela fait avancer notre business model.

6. La volonté d’équilibrer entre recherche interne et externe. La recherche externe peut apporter une valeur significative. La recherche interne est nécessaire pour pouvoir prétendre utiliser une partie de cette valeur.

7. La volonté de prendre des risques plutôt que de les éviter, en gardant le bon sens pour manager le risque.

8. Accepter que l’open Innovation soulève des questions à propos de la propriété intellectuelle…une équipe de juristes pourra avec un peu de chance adopter une attitude constructive pour progresser vers les objectifs de développement de l’entreprise.

9. Comprendre que l’Open Innovation demande de la communication Ouverte. Un environnement ouvert peut être crée grâce à un travail sur la confidentialité et la propriété intellectuelle.

10. Pas la peine d’être toujours le 1er sur le marché. Créer un meilleur business model est meilleur que d’être le 1er sur le marché.

Il s’agit de 10 points très intéressants,  issus de 8 années d’expérience.

On voit l’importance de l’ouverture, au-delà des mots, qui doit se traduire dans les pensées puis actes de ses utilisateurs, dont le leader de l’organisation.

Il s’agit toutefois d‘une ouverture contrôlée, contrairement à des idées populaires confondant Open source et Open Innovation.
Ce contrôle se fait grâce à la confidentialité et la gestion de la propriété intellectuelle dont parle Chris Thoen.

La notion de complémentarité entre R&D interne et externe est également un point devant être souligné. Il ne s’agit en effet pas d’outsourcing de la R&D comme on peut parfois l’entendre dire de façon un peu réductrice.
Comme le souligne Chris Thoen, une entreprise sans R&D interne serait incapable de retirer la vraie valeur d’une démarche d’Innovation Partagée car incapable de de juger les idées extérieures, les adapter à l’entreprise, les industrialiser…

Enfin, on retrouve dans ces leçons la notion de risque, présente dans toute démarche d’Innovation et devant être acceptée par l’organisation et ses dirigeants pour savoir encourager également ses collaborateurs.

Après tout, comme le disait Albert Einstein ,   « Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover. »

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  1. Les valeurs essentiellles de l’innovation ouverte telles que relevées par Chris Thoen, sont naturellement parmi les points clés pour développer le Capital immatériel de l’entreprise, et ce n’est certainement pas un hasard tant les valeurs de l’immatériel sont inhérentes à l’économie de la connaissance et de la compétition par l’innovation. C’est pourquoi, j’ai relayé cet article et du blog dans mon blog sur le site http://www.intrapra.com. Les lecteurs intéressés peuvent aussi se reporter au site de l’observatoire de l’immatériel.

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